Il y a un an, le nouveau fauteuil de Voltaire Bouque devenait éjectable. Depuis, il découvre un autre siège. Sur lequel il a un temps
hésité à s'asseoir. Conseiller d'opposition pour son deuxième mandat d'élu, il en oublie d'être mauvais perdant, lui qui reconnaît les mérites de la nouvelle équipe... Notamment celui de
poursuivre les projets de feu Robert Hazebrouck. Voltaire Bouque lui a succédé. Lui qui est arrivé dans son équipe un peu par hasard. Tout juste retraité de banque, il embarque dans la vie
politique en 2001 comme adjoint aux finances. Jusqu'en juin 2007. Malade, Robert Hazebrouck démissionne. Et le désigne comme héritier. L'intérim de huit mois lui coûte quelques amis dans
l'ancienne majorité. « J'avais fait beaucoup de jaloux », regrette-t-il. Citant notamment Philippe Saffer, l'ancien adjoint aux travaux, qui a monté sa propre liste.
L'une des cinq présentes au premier tour des municipales. Des élections juste avant lesquelles Robert Hazebrouck décède. Un épisode douloureux pour Voltaire Bouque. Dans la foulée, il en découvre
un autre, plus politique qu'affectif. La défaite. Quand il se retourne dessus, l'ancien maire tâche de rester lucide. « J'étais parti avec 7 ou 8 personnes de mon groupe. J'ai pas eu le temps de
me préparer. » Surtout qu'à l'époque il lutte contre un appareil politique : « J'avais un adversaire bien entraîné. Le PS, la députée, le conseiller général dont Nadine Lefebvre est la suppléante
étaient contre moi alors que je me sens très proche des idées de gauche. » Car il se définit comme un homme de centre-gauche. Ce même si l'apolitisme reste chez lui un maître mot. La loyauté
aussi. Loyauté envers un groupe qu'il a refusé de dissoudre entre les deux tours pour ne pas les noyer dans une fusion à quatre listes. « Ça m'a coûté l'élection », dit-il. Sans véritables
regrets.
« Je dois rendre hommage au maire » Monsieur loyal se veut aussi respectueux quand il parle du nouveau maire. Là, on s'étonne presque d'entendre un conseiller d'opposition. « Je dois lui rendre
hommage. Elle gère bien. Elle a une bonne équipe, bien disciplinée, bien cohérente. » Fair-play. Ce qui ne l'empêche pas, à l'époque, de se poser quelques questions sur l'opportunité de siéger :
« Passer de maire à conseiller, j'ai hésité. » Pour s'asseoir finalement en compagnie de ses cinq colistiers. Avec lesquels il s'oppose. Sans plus. « Je ne vois pas beaucoup de changements, je ne
peux pas critiquer. Nous avons très peu de vote négatif. 95 % des délibérations sont acceptées. Quelquefois, on s'abstient parce qu'on voudrait plus de renseignements. On ne peut pas dire que ce
soit une opposition négative. Tout au moins pour l'instant. » Sa gestion dans le fauteuil majoral, Voltaire Bouque la juge en revanche positive. Il en garde le travail effectué, plus que le
pouvoir. « J'ai toujours été quelqu'un de simple. Maire, je n'ai pas eu l'impression d'être l'homme le plus puissant de Beuvry. » Ce qui ne l'empêche pas d'avoir le sentiment du devoir accompli.
« On a réussi notre tâche. On a assaini les finances. J'ai baissé cinq fois les impôts ! » Alors, les Beuvrygeois seraient-il ingrats ? L'explication serait ailleurs. L'intéressé y voit plutôt la
faute à... Voltaire Bouque : « Je ne sais pas me vendre. Je suis toujours un peu en retrait. Je suis plus un homme de bureau. » Qu'il a finalement aménagé dans le local de l'opposition. •
CHARLES-OLIVIER BOURGEOT
LA VOIX DU NORD DU 13/03/2009
Et vous Beuvrygeois, qu'en pensez - vous ?
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